L’intimidation et la victimisation

L’intimidation et la victimisation sont des problèmes critiques pour les enfants et tous ceux qui s’occupent d’enfants. Alors que ces phénomènes envahissent les classes et les réseaux sociaux, nous devenons de plus en plus conscients des conséquences que cela peut avoir sur le bien-être des enfants. Que pouvons-nous, en tant que parents, enseignants, enfants ou autre faire pour lutter contre ce problème ?

Qu’est-ce que la victimisation et l’intimidation?

Ces phénomènes représentent un concept qui peut être séparé en deux catégories globales : l’agression physique et l’agression relationnelle. L’agression physique signifie faire du mal ou menacer de faire du mal physique à un individu,  alors que l’agression relationnelle décrit une plus vaste gamme de cibles non-physiques. Définie a la base en 1995, l’agression relationnelle signifie faire du mal à quelqu’un socialement – par leur réputation, leur cercle social, leur statut social, etc…

L’agression relationnelle peut prendre des formes variées, y compris direct – ex : « Je ne t’aime pas, je ne veux plus jouer avec toi », mais aussi dans le dos – ex : « Nous ne l’aimons pas, nous ne devrions plus jouer avec lui. »

Aujourd’hui, l’agression relationnelle reçoit beaucoup d’attention à cause de la facilité avec laquelle elle peut avoir lieu en ligne. La « cyber-intimidation » sépare la victime de celui qui l’intimide, et lui cache la plupart des conséquences.

Les recherches montrent de plus en plus que l’intimidation et la victimisation ont des effets négatifs psychologiques et développementaux sur la victime et sur celui qui l’intimide. Ceci est un problème urgent auquel nous devons faire face, surtout pour les enfants à risque.

Que pouvons-nous faire?

Les recherches ont récemment commencé à se concentrer sur les interventions « anti-intimidation. » Dans leur revue des interventions, les chercheurs de l’Hôpital pour enfants de Philadelphie ont résumé les points forts et les points faibles des programmes existant. Plusieurs programmes agissant au sein de la classe montrent des effets positifs sur les taux d’intimidation (par exemple l’initiative Canadienne « Demander de l’aide, Ignorer, Reculer, En Parler »). Les meilleures interventions, comme celle-ci, incluent les élèves et la communauté autour de l’école, ciblent les réactions familiales ainsi que les réactions des camarades, et demandent peu de ressources à mettre en place. Cependant, les chercheurs soulignent le fait que les futures interventions doivent être plus sensibles à l’âge, à la culture, et au contexte.

Mais à un niveau personnel, que pouvons-nous faire ? Voici quelques astuces pour réduire l’intimidation selon votre position dans la situation :

  • Directeurs, enseignants, enseignants de ressources, et psychologues scolaires: essayez de mettre en place un programme anti-intimidation dans votre école. La recherche montre à quel point ces programmes peuvent être efficaces, et une intervention scolaire cible le maximum d’élèves.
    • Une intervention efficace nécessitera une évaluation des besoins présents d’une école et le développement d’un plan visant les problèmes existants et des stratégies préventives.
    • L’inclusion des parents et des élèves dans le développement et le déroulement de ces plans peut en augmenter l’efficacité et le dévouement.
    • Le guide de l’initiative « Demander de l’aide, Ignorer, Reculer, En Parler » est disponible gratuitement en ligne, rendant ce programme accessible même dans les cas de ressources scolaires limitées
  • Enseignants : les trouvailles suggèrent que les réactions des enseignants face aux conflits affectent de manière importante la réaction des enfants envers l’intimidation – une intervention positive de la part d’un enseignant réduit les chances qu’un enfant riposte
  • Parents et camarades: d’après certains chercheurs, les parents et les camarades devraient essayer de donner des conseils vis-à-vis du problème plutôt que des émotions lorsqu’un enfant intimidé demande de l’aide. Cela signifie qu’au lieu de se concentrer sur les émotions négatives causées par l’intimidation, les parents devraient encourager leurs enfants à trouver des solutions pratiques à la situation. Dépendant de la situation, cela pourrait vouloir dire se faire des amis, en parler à l’enseignant, etc… Détourner l’attention des émotions négatives envers une solution pratique peut éviter que les émotions ne s’empirent.
  • Enseignants: soyez conscients du fait que certains enfants se sentent encore pire lorsque vous leur suggérez de riposter ou d’éviter l’enfant qui les intimide – une intervention efficace pourrait plutôt viser à encourager l’enfant à se faire des amis. Voir Aider les enfants à établir des relations.
  • Parents et enseignants: rappelez-vous que vous êtes dans une position d’avantage pour défendre la voix d’un enfant. Si vous sentez que votre école n’essaie pas assez de mettre en œuvre des pratiques anti-intimidation ou ne réagit pas de façon appropriée à l’intimidation, prenez rendez-vous avec le directeur, l’enseignant de ressources, ou le psychologue scolaire. Votre avis pourrait aider à changer la réaction de l’école.

Pour plus d’information (articles en anglais):

Aceves, M. J., Hinshaw, S. P., Mendoza-Denton, R., & Page-Gould, E. (2010). Seek help from teachers or fight back? Student perceptions of teachers’ actions during conflicts and responses to peer victimization. J Youth Adolesc, 39, 658-669. doi: 10.1007/s10964-009-9441-9

Crick, N. R. and Grotpeter, J. K. (1995), Relational Aggression, Gender, and Social-Psychological Adjustment. Child Development, 66: 710–722. doi: 10.1111/j.1467-8624.1995.tb00900.x

Kochenderfer, B. J., & Ladd, G. W. (1997). Victimized children’s responses to peers’ aggression: Behaviors associated with reduced versus continued victimization. Dev Psychopathol, 9, 59-73.

Leff, S. S., Waasdorp, T. E., & Crick, N. R. (2010). A Review of Existing Relational Aggression Programs: Strengths, Limitations, and Future Directions. School Psych Rev., 39, 508-535.

Visconti, K. J., & Troop-Gordon, W. (2010). Prospective relations between children’s responses to peer victimization and their socioemotional adjustment. Journal of Applied Developmental Psychology, 31, 261-272. doi: 10.1016/j.appdev.2010.05.003